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Pluies rouges et autres petites curiosités sans défense
... Personnellement, je crois que l'on nous pêche. Des gastronomes d'Ailleurs nous prisent peut-être. N'est-il pas réjouissant d'imaginer que nous sommes utiles à quelque chose? À mon avis, des filets ont été jetés au-dessus de nos têtes et nous les avons confondus avec des tourbillons de vent et des trombes d'eau. Certains témoignages sur la formation des tourbillons et des trombes ont de quoi dérouter. Du reste, je dispose de données impossibles à couvrir dans ce livre : les disparitions mystérieuses.
Oui je crois que l'on nous pêche, mais je le mentionne comme ça, au passage. Des visiteurs braconniers. Rien à voir avec le sujet que j'aborderai un de ces jours et l'usage que pourraient faire de nous les créatures qui nous possèdent à notre insu...
(Charles Fort, Le livre des damnés, p. 328)
(EN SAVOIR PLUS SUR L'AUTEUR)
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Pluies rouges sur l'Inde au 21e siècle
Aperçu de larticle intitulé « Enquête
: Que sest-il passé le 25 juillet 2001 au-dessus du Kerala? »,
paru dans Science et vie, en
avril 2007.
De la fin de juillet à la fin de septembre 2001, 124 pluies rouge
sang tombent sur une bande de 450 km de long par 150 km de large, dans un
état côtier de lInde. On estime à 50 tonnes les
résidus de matière organique déposés, qui nont
rien de commun avec la pollution industrielle ni avec des particules désertiques
ou volcaniques. Le phénomène insolite aurait-il un lien quelconque
avec la formidable explosion entendue dans le ciel le 25 juillet et
les secousses qui ont suivi?
Les spéculations pleuvent tandis que des scientifiques sempressent
de mettre en culture des échantillons : certaines cellules se développent,
et sont par conséquent vivantes. Spores d'algue? Aucune trace d'ADN,
aux dires du physicien indien Godfrey Louis. Globules rouges? Car la forme
elliptique rappelle bien celle des cellules sanguines. Ces pluies teintées
ravivent des superstitions tout autant que des guerres dogmatiques. Charles
Fort avait exhumé des annales scientifiques moult cas de précipitations étranges
qu'il avait présentés en
défilé dans Le livre des damnés (chapitre 3),
paru pour la première fois en anglais en 1919 : pluies rouges en
Allemagne (1802); en Hollande (1819); en Italie (1860 et 1877); au Vietnam
(1887); dans la région de la Méditerranée (1888); dans
la région de Terre-Neuve en 1890; en Europe et tout particulièrement
en Angleterre (1903), ce pays ayant reçu 10 millions de tonnes de
matière qualifiée dorganique à 36% par quelques
chimistes
Et la liste pourrait s'allonger.
Sil était encore de ce monde, à compiler les facéties
cosmiques de manière aussi appliquée, Charles Fort se réjouirait
de louverture dans lesprit du corps scientifique qui laisse
transparaître le mot panspermie, désignant la théorie
à leffet que la vie terrestre proviendrait dorganismes
extraterrestres, possiblement transportés par des comètes.
Certes, il y en a encore pour pointer du doigt des tourbillons de vent
de lengrais à base de sang animal soulevé ici et déposé
là mais quels tourbillons, cela reste à définir.
Une autre possibilité invoquée serait celle dun météorite
(rappelons quune détonation fut dabord entendue) qui
aurait pulvérisé, en explosant, des colonies entières
de chauves-souris en migration. Aucun petit lambeau de chair, cependant,
pour conforter cette hypothèse. Bref, le mystère persiste six ans après lévénement,
et Le livre des damnés conserve un air de jeunesse. |
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Lumières insolites sur l'Angleterre
Aperçu d'un article intitulé «UFO sightings bring town to a standstil», paru dans Daily Mail, en juillet 2007.
D'étranges objets lumineux et silencieux ont plané au-dessus de la ville de Stratford-Upon-Avon, en Angleterre, le 21 juillet 2007, attirant une centaine de spectateurs tout d'abord convaincus d'un exercice aérien. Le centre de contrôle de Birmingham n'a cependant rien détecté sur ses radars, pas plus que les aviateurs du Wellesbourne Airfield, situés à proximité, n'ont rapporté d'activité cette soirée-là. Aux dires d'un témoin qui a filmé la scène, une lumière est d'abord apparue dans le ciel, vers 22 h 30, puis trois autres l'ont rejointe, en maintenant une formation en triangle. Les objets se sont pour ainsi dire immobilisés pendant une bonne demi-heure, avant de disparaître lentement au loin.
L'événement n'est pas sans rappeler les lumières mystérieuses de Durham qui ont défrayé les manchettes des journaux anglais au milieu du 19e siècle, et dont Charles Fort parle dans Le livre des damnés (chapitre 26). En effet, les journaux anglais du milieu du 19e siècle ont abondamment couvert la survenue de lumières récurrentes au-dessus d'une ville côtière. Les apparitions célestes avaient perturbé les marins de la région au point d'occasionner des naufrages. Une commission d'enquête avait même été instaurée pour élucider le mystère... qui reste entier à ce jour. |
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Météores de glace
Aperçu d'un article intitulé «Falling Ice Chunks Hit Iowa Neighborhood», paru dans Central Florida News 13, en juillet 2007.
La ville de Dubuque a reçu une étrange averse de briques de glace le jeudi 26 juillet 2007. Des arbres ont été endommagés, témoignant de l'origine céleste des objets. Mais la plus grosse surprise a été réservée à une résidente de cette petite ville d'Iowa : elle a découvert dans son salon un bloc d'environ 50 livres (quelque 22 kilos), au milieu des débris de sa toiture. L'incident a été aussitôt rapporté à la Federal Aviation Administration. Des experts ont analysé la glace pour conclure qu'il y avait très peu de chances qu'elle provienne des lavabos d'un avion, étant donné sa blancheur (les débris gelés provenant des avions sont bleutés). On n'a cependant pas exclus la possibilité qu'un fort taux d'humidité ait provoqué une accumulation sur les ailes. Andy Ervin, météorologue au National Weather Service de Davenport, rétorque pour sa part que le degré d'humidité capable de justifier ce type d'accrétion se rencontre lors de forte perturbations atmosphériques, ce qui n'était pas le cas au moment de la chute. Le ciel était calme et clair.
De son côté le professeur David Travis, du département de géographie et de géologie de l'Université de Wisconsin-Whitewater, précise qu'il arrive parfois que des méga-hydrométéores se forment dans la haute atmosphère. Travis et son équipe étudie le phénomène depuis cinq ans; il s'est penché sur une cinquantaine de cas du genre, notamment ceux de petits icebergs volants gros comme des micro-ondes. Selon lui, ces occurences sont sans doute imputables au réchauffement planétaire, la tropopause - la limite entre la troposphère et la stratosphère où survient un brusque changement de température - devenant plus humide, plus froide et aussi plus turbulente.
Rappelons avec un grain de malice que Charles Fort a dressé dans Le livre des damnés une liste hallucinante d'hydrométéores (dont certains contenaient des grenouilles vivantes), sur la ville de Dubuque comme ailleurs sur la planète. « ...Une masse de glace d'environ 36 kilos s'est abattue du ciel près de la ville de Salina au Kansas, au mois d'août 1882... Un bloc de glace dont le volume devait être proche d'un mètre cube est tombé à Candeish, en Inde, en 1826...» (chapitre 13). En 1826 et en 1882, amusons-nous à le répéter, époque où le réchauffement planétaire et les avions volant à plus d'un mètre du sol appartenaient à la littérature de fiction. |
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Chute de grenouilles
Aperçu d'un article intitulé «Frogs rain down on Serbia», paru dans Ananova News - Quirkies, en avril 2007.
Des milliers de petites grenouilles ont plu sur Odzaci, un village de Serbie, après qu'un singulier nuage surgi de nulle part ait soudain crevé. La scène a été si spectaculaire que des résidents ont bien cru assister à la fin du monde. Un expert climatologue s'est empressé de les rassurer : phénomène facilement explicable par l'effet d'un tourbillon de vent qui aurait aspiré la population batracienne d'une mare, et lâché son butin plus loin.
Et comment se fait-il que personne ne rapporte jamais la vision tout aussi surprenante d'un tourbillon qui emporterait une colonie de serpents, ou une myriade de larves d'insectes ou une meute de poissons? rétorquerait Charles Fort, pour qui l'éternelle et bien commode explication du vent est un pied-de-nez de l'establishment scientifique devant les chutes insolites d'animaux. Un tourbillon de vent est tout sauf sélectif, dirait-il encore. Où sont les autres débris de ces mares et de ces terriers?
Parmi les averses célèbres rapportées par Fort avec autant de soin que de malice dans Le livre des damnés, mentionnons celles-ci : Étonnante chute de grenouilles presque blanches à Birmingham en Angleterre (1892); impressionnante chute de poissons à Mountain Ash, dans le comté de Glamorgan (1859); chute d'un nombre incalculable de larves d'insectes en Suisse durant l'hiver (1890); chute de petits escargots sur les routes et dans les champs de Redruth, en Cornouailles (1886). L'Inde a souvent été le théâtre d'averses de poissons, certains parfois même étêtés et putréfiés. L'encyclopédie en ligne Wikipedia relate aussi quelques pluies d'animaux.
Charles Fort souligne, dans le chapitre 7 de son livre, n'avoir jamais trouvé de registres concernant des chutes de têtards, et que les grenouilles tombées sont toujours jeunes. Selon lui, la vie sur Terre tiendrait peut-être à l'influence d'une région qu'il nomme Génésistrine... Si certains ont ridiculisé l'idée à l'époque, il est intéressant de noter qu'aujourd'hui la théorie de la panspermie est dans le vent. |
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Lire Charles Fort, traduire Charles Fort et fouiller dans ses tiroirs.
Compte rendu d'une visite à la New York Public Library, Manuscripts and Archives Division, octobre 2007.
Des boîtes et des boîtes de coupures de journaux du début du 20e siècle. Jaunies, déchirées par la fatigue, parfois annotées d'un mot ou deux de la main de Charles Fort, iconoclaste entre les iconoclastes : science, vanishing, poltergeist, frogs, teleportation, Darwin... Des pages dactylographiées par Fort sur la machine à écrire où le « e » de son clavier s’évanouit et le « s » tressaille (dixit Charles Fort, Le livre des damnés, page 358). De la correspondance profuse, reçue de témoins oculaires qui se tournent vers le défenseur de l'étrange; le troube-fête est connu pour ses écrits occasionnels dans les journaux, pour étaler les hérésies scientifiques telles que les chutes de grenouilles et de serpents. Charles Fort leur prête oreille, fait écho à leur voix, compulse méthodiquement et note.
Ce trésor de vieux papiers, c'est le legs de Charles Fort à son biographe (en quelque sorte), l'homme de théâtre et écrivain Tiffany Thayer qui a fondé la société fortéenne après sa rencontre avec le collectionneur du singulier. Sous des transports parfois loufoques (Fort énonce la théorie d'une supermer des Sargasses qui flotterait au-dessus de la Terre), s'exprime un esprit critique et observateur qui ne demande qu'à savoir davantage. C'est ce qu'il faut retenir une fois l'humour compris : pour avancer, il faut être prêt à mettre en doute les idées reçues.
Bref, dix boîtes de notes pourraient tenir un explorateur occupé pendant quelques jours. Si le voyage vous intéresse, adressez-vous à la Manuscripts and Archives Division de la
bibliothèque municipale de New York, située à l'angle de la Fifth Avenue et de la 42nd Street. Réservez quelques jours d'avance le matériel que vous souhaitez consulter dans les « Tiffany Thayer Papers », en écrivant à <mssref@nypl.org>. À votre arrivée à la bibliothèque, grimpez au troisième étage, cherchez le « Reading Room », inscrivez-vous par le truchement d'un poste informatique, puis mettez-vous en ligne pour obtenir une carte d'accès (photo obligée). Vous devrez ensuite déposer vos effets personnels à la sécurité du premier étage, remonter au troisième, traverser le « Reading Room », et cogner à la porte du 328. Là se trouve la voûte des livres rares et des manuscrits anciens. Elle appelle au recueillement; personne n'aura à vous contenir au silence, il tombera sur vous dans un effet d'extase. |
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Note dactylographiée par Charles Fort (intégrée à Lo! Le nouveau livre des damnés) |
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